Masque et Bergson

Bergson et "la source de la morale."

Que dire de cette époque où, l’humanité, soumise à quelque chose d’invisible, inquiétant, si controversé, appelé soit Covid 19 soit Coronavirus, fait couler beaucoup d’encre… ?

Reprenons l’idée d’Henri Bergson, dans son ouvrage intitulé : Les deux sources de la Morale et de la Religion, aujourd’hui, restons dans « la Morale » et qu’en est-il de « l’obligation morale. »

Notre souvenir d’obligation, ainsi que d’interdiction : « le souvenir du fruit défendu est ce qu’il y a de plus ancien dans la mémoire de chacun de nous, comme dans celle de l’humanité ».

Nous n’avons pas eu d’autres choix que d’obéir parce qu’il s’agissait de nos parents, de nos maîtres, et par-delà, la société.

Cette société apparaît comme un immense organisme dont les parties et les interactions ont des rapports mutuels, soumis à une discipline pour que le tout marche bien.

Cependant, cette analogie a ses limites : la société diffère d’un organisme, parce que dans un organisme, les rapports sont nécessaires et ne changent jamais, alors qu’ils changent dans la société du fait de la liberté de l’homme. Mais dans la société, « l’habitude joue le même rôle que la nécessité dans les œuvres de la nature ».

La somme de ces habitudes, qui se renforcent les unes les autres, c’est le devoir, ou loi morale.

Et l’erreur commune est de confondre la loi morale avec une loi naturelle.

L’obligation vient de la société, mais ne s’impose pas de l’extérieur à l’individu, car une partie du moi de l’individu est le moi social. C’est la société qui s’est intégrée au moi lui-même de l’individu. Ce moi social s’oppose au moi intime ou moi profond qui représente ce que l’individu a d’unique, de singulier et d’inexprimable, et qui peut être une autre source de morale, que Bergson examinera plus tard.

Il serait faux de croire qu’on peut vivre sans moi social. Aucun homme ne peut s’isoler de la société totalement. Bergson prend l’exemple de Robinson Crusoë, qui reste en contact avec la société par les objets qu’il a sauvé du naufrage et parce qu’il « puise de l’énergie dans la société à laquelle il demeure idéalement attaché ». Autre exemple dans le film : Seul au Monde, de Robert Zemekis, ou l’acteur Tom Hanks –Chuck Noland- dans le film entretient des conversations régulières avec son ballon Wilson, seul moyen de socialisation. 

On fait son devoir le plus souvent non pas par choix conscient et volontaire, mais en se laissant porter par l’habitude : « nous ne faisons aucun effort. Une route a été tracée par la société ; nous la trouvons ouverte devant nous et nous la suivons. [...]Le devoir, ainsi entendu, s’accomplit presque toujours automatiquement ».

Comment se fait-il alors qu’agir par devoir apparaisse comme une chose difficile, qui réclame un effort sur soi-même ? Parce qu’il existe de rares cas qui sortent de l’habitude, et où nous devons faire un choix difficile. Ce sont ceux-là qu’on retient (parce qu’on ne porte pas attention à ce que l’on fait automatiquement).

L’habitude, plus que la raison, est donc une origine de la morale. On n’agit pas moralement parce qu’il serait plus rationnel de le faire, mais parce qu’on en a l’habitude. La raison n’oblige pas :

« Qui voudrait croire que c’est le volant qui fait tourner la voiture ». ?

La raison n’assure que la cohérence logique des obligations.

Bergson va montrer les limites de cette première source de la morale, la société.

La morale sociale consiste-t-elle donc dans « l’universelle acceptation d’une loi ».

Pourquoi parler de Bergson et cette réflexion sur la morale, ce qui est dit plus haut, n’est qu’une toute petite partie de cet ouvrage fondamental de Bergson, mais ce paragraphe, écrit au début du XXième siècle, résume ce que nous pouvons ou pourrions vivre dans les jours, semaines et mois à venir.

Aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de nous dissimuler le visage, alors que la LOI n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public , stipule :

« Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. »

Certes, cette loi, modifiée le 20 juillet 2020 indique :
I. ― Pour l'application de l'article 1ier, l'espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public.
II. ― L'interdiction prévue à l'article 1ier ne s'applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s'inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles.

Nous sommes donc contraints de nous bâillonner, et, comme cité un peu plus haut,  «Nous n’avons pas d’autres choix que d’obéir… »

Et demain, cela deviendra une habitude, et nous ferons notre devoir, non par choix volontaire et conscient, mais en sa laissant porter par « l’habitude »…

Que se passerait-il, si comme Gandhi, le peuple entier se lève et dit « NON » ?

La voix du peuple n’est-elle pas plus souvent en communication avec la vérité que celle du pouvoir et des lois… ?

Je ne m’étendrai pas plus sur ce sujet, mais je m’insurge contre ces pratiques totalement immorales et je vous pose cette question : « Dans quelle société voulez-vous vivre, évoluer et léguer à vos enfants ?

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